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rép. Annonce pastorale 1

Toi, belle marguerite si jeune qui se veut effeuillée, ton annonce m'a donné fort envie de te plumer.

Mais rassure-toi, j'ai des manières. Je saurai voleter délicatement autour de ton calice, évitant de chiffonner ta corolle. Si tu voulais, ô ma belle marguerite, j'en tremble rien que d'y penser, j'enlacerai tes pétales de mes plumes lissées. Je mettrai en valeur ta beauté en attirant l'attention sur toi si tu veux bien me laisser t'effeuiller lentement, lentement et te goûter un peu après mon lent vol presque nuptial. O, d'abord te goûter à peine, n'aie crainte ! Ta fraîcheur nubile, ta nudité offerte me mettent en appétit et mon bec vigoureux se réjouit déjà d'aspirer ton pollen.


Je pourrais t'emmener dans les airs du septième ciel. Je crois même que je serais encore capable d'atteindre le huitième avec toi qui me semble si ouverte. Mes caresses se feraient de plus en plus troublantes, insistantes, mais je ne veux pas te dévoiler ici le mystère du plaisir que je ne manquerai pas de te donner.


Réponds-moi vite, mon duvet se hérisse déjà à l'idée d'un refus. S'il te plaît, ô jeune, ô belle, ô innocente, ô douce marguerite, accepte d'ores et déjà les plus vifs hommages de

Ton martinet.

Danièle