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L'HOMME QUI TOMBE A PIC

Une scène peu ordinaire s’est déroulée hier soir dans un petit appartement de la Rue des Délires. Mr et Mme Bidon revenaient de la campagne, et, tout encombrés de sacs et de paniers remplis de pommes et de champignons, ils s’étaient attardés sur le palier lorsqu’ils entendirent des cris étouffés provenant de l’appartement voisin, doublés d’un grincement saccadé comme le couinement des ressorts d’un matelas. Un jeune couple s’était récemment installé, et les Bidon se demandèrent s’ils devaient être inquiets ou gênés. Au bout d’un long moment, ils se décidèrent à frapper à la porte, mais ne reçurent en réponse qu’un redoublement de cris étouffés et de grincements, un " boum boum " répété et des grognements de colère et de douleur.

Alarmé, Mr Bidon téléphona à la gendarmerie qui se présenta sur les lieux accompagnée d’un serrurier. La porte s’ouvrit sur une scène des plus étranges : au milieu de l’unique pièce, une jeune femme était allongée sur un grand lit, menottée et baillonnée, entièrement nue. Elle les regardait d’un air affolé, tout en jetant des coups d’œil vers l’armoire. Quand les policiers reprirent leurs esprits, ils réalisèrent que quelqu’un se trouvait enfermé dans l’armoire et grognait et cognait contre la porte. Prêts à dégainer leur arme, ils ouvrirent non sans mal la grande armoire normande où une deuxième surprise les attendait : un homme était coincé sous une énorme planche de bois, vêtu d’un costume de Superman, l’air honteux. Il avait une grosse bosse sur le front.

Quand Mme Bidon apporta du café, les policiers interrogeaient la jeune femme qui avait enfilé un peignoir et son Super Héro qui avait gardé son déguisement. Et, assis tous deux sur le bord du lit, ils expliquèrent avec beaucoup de gêne qu’ils avaient voulu jouer à Superman qui délivre sa fiancée prisonnière. Le jeune homme était monté sur l’armoire pour sauter sur le lit comme du haut d’un gratte-ciel, mais le plafond de l’armoire s’était effondré sous son poids, et il s’était retrouvé coincé à l’intérieur de l’armoire, le plafond sur la tête. Les malheureux attendaient du secours depuis déjà deux jours, et aucun autre voisin ne les avait entendus.
Mr et Mme Bidon éclatèrent de rire, les policiers prirent congé et l’affaire fut classée.



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