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l'amour de Pépita

l’amour de Pépita



Pépita est amoureuse. Rien d’étonnant ; toutes les poules sont amoureuses de Pépito le magnifique coq qui chante à la Caruso tous les matins dès que l’aube pointe ses premières lueurs. Oh qu’il est beau ce coq ! Superbes plumes noires et blanches pour le dos et le ventre, des plumes de couleurs pour une queue multicolore digne d’un paon à la parade. Nouveau dans la basse cour, il ne laisse aucune poulette indifférente. Mais Pépita n’en peut plus. Elle le veut, elle le veut, elle le veut et puis c’est tout !

Elle décide d’abord d’apprivoiser ce mâle chanteur et décide de préparer un repas sublime dont il se lèchera les ergots. Elle fait l’inventaire de ses placards et ne trouve rien à son goût. Le maïs ? Trop fade, le blé ? Trop commun. Le pain dur ? Tout juste bon pour ces gourdes de poulettes rassemblées sur un mur qui picorent et qui picorent mais qui n’ont aucune papille gustative. Les vers de terre ? Ils filent, se faufilent et se défilent chaque fois que Pépita essaie de les capturer.

Panier à provisions autour du cou, elle part en quête de nouveautés ; en chemin elle avale quelques petits cailloux blancs afin de raffermir la coquille de ses œufs ; ils doivent être les plus beaux. Elle mettra ainsi un atout de plus dans son jeu de séduction. Dans la cour de la ferme, elle est attentive à toute nourriture inhabituelle ; puis elle s’approche du bord de la rivière et là c’est la révélation ; elle aperçoit une cabane à pizza. Voilà la merveille. Elle court la brave Pépita, elle court mais caquette très fort quand elle voit qu’il faut payer six sous pour une pizza printanière « tomate /vermisseaux ». Que faire ? Pépita n’a pas un sou vaillant. Le pizzaïolo lui répond : « pas de sous, pas de pizza ». Triste comme une poule qui a perdu ses poussins elle repart. Pourtant elle sait que c’est ce qu’il lui faut pour séduire le beau Pépito.

Elle aperçoit alors Martha qui jardine. Pépita lui demande si elle peut lui prêter un peu d’argent pour acheter une pizza printanière. Martha accepte à condition qu’elle vienne nettoyer l’allée du jardin. Pendant deux heures Pépita travaille. Martha lui donne deux sous. Pépita les range sagement sous son aile et va voir Genova. Celle-ci refuse de lui prêter de l’argent mais veut bien que Pépita arrose ses fleurs. Pépita s’exécute et Génova lui donne deux sous qu’elle range aussi, sagement, sous son aile. Cela lui fait maintenant quatre sous.

Elle va voir ensuite Maya ; Ah Maya est une mère de famille débordée ; Elle ne peut prêter des sous à Pépita mais accepte que celle-ci lui finisse son repassage. Pépita peut alors ranger deux sous sous son aile. Pépita compte alors 2 sous + 2 sous + 2 sous cela fait 6 sous !

Six sous pour acheter la pizza printanière aux vermisseaux. Elle se met à courir vite très vite encore plus vite et catastrophe : elle laisse tomber ses sous, tous ses sous ! Adieu Pizza ! Elle pleure pauvre Pépita ; elle n’a plus qu’à retourner dans la basse cour, tête basse et rassembler son pain dur, le blé et le maïs, pour en faire une pâtée.

La larme encore à l’œil, elle entend un superbe « cocorico », Pépita lève la tête et crie « Pépito » ; elle grimpe prestement sur le mur et les yeux dans les yeux, ils se regardent, caquettent en chœur des cots cots et des codecs, des cocoricos encore et encore. Tard dans la nuit, épuisés par leurs chants, les deux amoureux s’endorment…

Au petit matin, une petite voix les réveille « Pépita, Pépita » ! Pépita ouvre un œil et elle voit alors Pablo l’escargot : « je te rapporte les sous que tu as perdus. »

Que faire de cet argent ? Les amoureux ont une faim de loup. Alors ils filent avec Pablo vers la cabane à Pizza. Ils achètent quoi ? Une pizza printanière à la tomate et aux vermisseaux et le pizzaïolo ajoute même un pâquerette. Mais pour Pépita et Pépito c’est la pizza de l’amour juste ce qu’il faut d’amour pour picorer tous les jours.



Je remercie encore les auteurs d’albums de littérature de jeunesse



Lilou

fredotte