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LandArtDoc

Le land art ? Mais qu’est-ce que c’est ? L’art de la terre ? C’est la poterie américaine ? Non, pas tout à fait…

Vous voulez en savoir plus ? Suivez donc notre caméra !





Paris, plan large sur la place Bienvenue, aux pieds de la tour Montparnasse.

/// fond sonore : grondement sourd du trafic automobile dense, klaxons, cris, portières qui claquent, sirènes d’ambulance, vrombissement d’un deux roues libre d’échappement ///

Nous empruntons le boulevard Vaugirard sur quelques mètres. Au numéro 34 s’ouvre devant nos pas, la porte du petit « musée de la poste ». Là, il nous semble pénétrer dans un autre monde :

/// fond sonore : cris d’animaux, chants d’oiseaux, souffle du vent, murmure du ruisseau ///

Au fond du petit hall d’accueil, l’exposition Nils-Udo nous tend les bras avec une série de photographies que nous devinons déjà toutes plus belles les unes que les autres. Nous entrons dans la galerie, aimantés par ces clichés 100 % nature. Ici un nid géant construit en branches de pins et en bambous, là une guirlande de pétales d’églantier piqués sur le sable, là encore un petit lac créé par l’artiste qui a creusé un trou dans le sol terreux, puis après l’avoir tapissé de feuilles de noisetier l’a cerclé d’une branche afin de bien le délimiter et l’a rempli d’eau sur laquelle il a harmonieusement disposé des fleurs de campanules retournées. Nous déambulons, de photographie en photographie et la magie des œuvres exposées nous laisse sans voix… C’est comme si nous découvriions, au cours de cette balade, que la nature est une grande poétesse !



/// Interview///

Au sortir de l’exposition, à quelques pas de la galerie, plan rapproché sur une jeune femme :

- Éléna, bonjour. Vous êtes passionnée de land art, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

- C’est une activité que j’ai découverte il y a quelques années, après avoir vu les œuvres de Nils-Udo. Fascinée par ses créations, je me suis mise en tête de démocratiser cet art et de le rendre accessible au plus grand nombre. Après tout, nous avons tous pratiqué cet art, sans le savoir… Qui n’a pas, sur une plage ou au détour d’un chemin, dessiné un soleil à l’aide de brindilles, érigé un château de sable, formé une tour de galets, assemblé des pâquerettes en couronne, ou fait voguer dans le courant d’une rivière, un petit radeau en feuilles de châtaignier ?

- Oui, effectivement, nous avons tous, ne serait-ce que dans notre enfance, aligné, superposé ou tressé, herbes, brindilles, feuilles, fleurs ou cailloux.

Que faites-vous pour encourager tout un chacun à pratiquer le land art ?

- Je tente de créer, un peu partout où je passe, au gré de mes promenades et de mon inspiration, des petites compositions toutes simples, que je façonne avec les éléments glanés au fil de mes pas. Je les laisse sur place, comme un cadeau au prochain passant, comme une invitation à poursuivre dans cette voie créatrice.

- Éléna, une dernière question : pourquoi cette démarche ?

- Pour le plaisir, uniquement. Pour tenter de nous faire redécouvrir ce que nos yeux ne voient plus. Pour renouer avec la nature et nous placer, par l’intermédiaire de ces créations éphémères, face à notre fragilité. Pour nous inviter à ouvrir sur le monde un regard toujours neuf et respectueux. Pour montrer que l’on peut tous, sans frais, créer des œuvres qui, loin d’être notre possession, sont offrande à l’inconnu.

- Merci, Éléna.



///Fond sonore : la première phrase d’une chanson de Bécaud « Et maintenant, que vais-je faire »///

((( En réponse à cette question, des brindilles s’organisent en forme de lettres afin de faire naître un message à l’écran : MAIS, METTRE EN PRATIQUE BIEN SUR !)))





Plan d’ensemble : Sur un sentier forestier, un homme est accompagné d’un enfant d’une dizaine d’années. Sur le bord du chemin, ils dessinent tous deux une spirale de feuilles sur un tapis de mousse. Sur leurs visages sereins, on peut lire une expression particulière, difficile à définir mais que je serais tentée d’appeler « bonheur ».

Griotte